Illu
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Ce texte a été rédigé à l’hiver 2025 dans le cadre du cours Atelier d’écriture et d’édition de mode, sous la supervision de Madeleine Goubau.
Le livre de table Illu et ses créatrices
Par Elisa Deshayes et Alexane Landry-Martineau
Couverture rigide, papier texturé et épais, visuels éclatants : ce livre de table se feuillette comme une galerie d’art à domicile. Chaque page offre une immersion dans l’univers d’artistes québécois émergents, choisis pour leur audace et leur sens de la créativité. L’ouvrage, un projet de fin d’études à l’École supérieure de mode de l’UQAM, devient ainsi un espace de rencontre entre l’art, le design et un objet à part entière, pensé pour durer.
Raphaëlle Bourgea, Léa Rozenfeld et Marie-Alice Roussy nous accueillent au cœur de leur espace de travail, là où leurs idées naissent chaque semaine depuis le début du mois de janvier. Au deuxième étage de la bibliothèque de l’UQAM, dans une des salles privées pouvant être réservées par les étudiants, elles nous dévoilent avec fierté leur projet de fin d’études.
Alliant leurs compétences acquises au cours de leur baccalauréat avec leur créativité innée, les trois finissantes du programme de Gestion et design de la mode donnent vie à Illu. Ce nom, dérivé de l’adjectif « illustre » et du verbe « illustrer », fait écho à la mission de leur projet de fin d’études. À travers un livre de table, les jeunes femmes souhaitent offrir une vitrine aux artistes québécois émergents et les réunir dans un même support, favorisant ainsi leur découverte. Elles partagent également une passion pour l’art sous toutes ces différentes formes.
Sensibles aux détails, ces jeunes femmes ont également un intérêt envers le concept de sublimer les espaces de vie. Ainsi, la création d’Illu combine à la fois un aspect informatif et un caractère décoratif, permettant une expérience fonctionnelle et visuelle de l’objet. Leurs inspirations sont tirées de Purple Magazine et de Projet 01, mais surtout de leur amour envers les coffee table books. « Nous aimons toutes les trois les livres de table, mentionne Marie-Alice Roussy, ce sont des produits très inspirants et dont nous adorons le concept. »
Amies en dehors du contexte académique, Raphaëlle, Léa et Marie-Alice forment une équipe soudée, motivée, entreprenante et organisée. Leur complicité renforce leur habileté à communiquer et à développer leur projet de manière harmonieuse. « Naturellement, elles prennent le projet en main d’elles-mêmes et on sent qu’elles sont motivées et sérieuses », témoigne leur tutrice, la professeure Sarra Mamoghli, qui les accompagne à travers leur processus de création. Elle ajoute que les trois filles adoptent toujours une attitude constructive face aux commentaires qu’elle leur suggère et qu’elles font preuve d’une autonomie remarquable. « Elles ont tous les éléments en main pour mettre en œuvre ce projet intéressant et original », croit Sarra Mamoghli.
« Nous ne voulons pas créer une version numérique de notre livre de table, affirment Raphaëlle, Léa et Marie-Alice, nous estimons important de valoriser les supports imprimés ! » Dans un contexte où la génération Z redécouvre le charme du papier et ressent le besoin de s’éloigner des écrans, les trois étudiantes partagent une vision commune quant à l’importance de préserver les médias physiques. Un article de The Guardian mentionne d’ailleurs, à titre d’exemple illustrant la tendance du retour à l’imprimé, qu’après beaucoup d’anticipations et demandes de la part de la jeunesse, le magazine i-D a officiellement refait son apparition en kiosque. « Les jeunes sont vraiment intéressés par l’impression, explique Jeremy Leslie, directeur artistique et fondateur de MagCulture. Ils veulent quelque chose de tangible et de collectionnable. »
Au début de leur processus d’idéation de projet de fin d’études, Raphaëlle, Léa et Marie-Alice ont pris le temps de rencontrer Rode Wesley Rabel, un étudiant en design graphique à l’UQAM, également photographe et directeur du magazine Enfants Gâtés. Le but était de profiter de son expertise pour la création de Illu. Le jeune consultant a été charmé par leur vision. « Leur point fort est qu’elles offrent une plateforme aux entreprises qui viennent tout juste de débuter plutôt que de se tourner vers des entreprises déjà établies », mentionne-t-il en insistant sur le fait qu’il serait ravi de leur apporter de l’aide dans le futur avec leur publication.
Ayant de l’expérience dans le domaine de l’imprimé, celui-ci les a renseignées sur les diverses étapes à parcourir afin de concrétiser leur ambitieux projet. « Nous avions des idées de grandeur, mais à cause du temps limité, nous avons rapidement été ramenées à la réalité », explique Léa Rozenfeld. Grâce à leur capacité d’adaptation, elles ont su ajuster leur projet en réduisant le nombre d’artistes initialement prévus. « Si nous créons un prototype avec trois ou quatre artistes, nous serons très contentes », complète Raphaëlle Bourgea.
Que ce soient les fondatrices, Rode ou la tutrice, tous s’entendent pour confirmer la faisabilité d’Illu. « Avec plus de temps, elles sont tout à fait capables de créer leur livre en incluant le nombre d’artistes qu’elles envisageaient au début », affirme Sarra Mamoghli.