école supérieure de mode

Projet de fin d'études / 2025

La culture du splendide

Crédits

Direction artistique Manika Gaudet
Photographe Vision Photography
Mise en beauté Dominique Panneton
Coiffeuse KSD Hair
Styliste Jenny Maroquin
Mannequin Emma Rose Berron

Ce texte a été rédigé à l’hiver 2025 dans le cadre du cours Atelier d’écriture et d’édition de mode, sous la supervision de Madeleine Goubau.

Léanne Malenfant : Une vision étincelante de la mode
Par Lauranne Brosseau et Catherine Jean-Léger

Dans une salle de classe remplie d’énormes tables entourées d’une trentaine de mannequins de couture, une énergie créative flotte dans l’air. Des boîtes de tissus ainsi que des articles de couture remplissent le dessous des tables. Sur un portant, au fond de la classe, sont accrochées de multiples créations en cours de production par des étudiants. Parmi elles, un chapeau de cowboys couvert de paillettes ainsi que de garnitures roses détonne. C’est l’une des pièces phares de la collection de Léanne Malenfant, une étudiante de dernière année en design à l’École supérieure de mode de l’UQAM.

Le processus de création du chapeau de cowboy transparent en thermoformage, découpé au laser, a été un défi rempli d’essai-erreurs. « Il faut rester en partie en dehors de sa zone de confort et en partie en dedans, affirme Léanne. C’est là qu’on se confronte à des défis qu’on est capable de relever. » Le chapeau lui a valu une certaine réputation au sein de l’atelier multidisciplinaire et a intéressé plusieurs curieux, puisque ce genre d’objet n’avait jamais été fait auparavant.

Dans une ère où les performances sont de plus en plus grandioses, Léanne s’intéresse, pour son projet, à la manière dont les admirateurs d’artistes s’habillent pour correspondre à l’ambiance des spectacles. « Il y a une tendance dans les derniers étés, où c’est très spectaculaire, c’est presque du cirque ! » s’exclame-t-elle.

L’étudiante s’est dotée d’une planche d’inspiration où plusieurs images sont rassemblées. « Le culte du splendide » est écrit en haut du grand carton couvert d’étoiles roses. Il est rempli d’images colorées qui mettent en valeur du streetwear, des habits portés par des adeptes de concert et des artistes, dont Sabrina Carpenter et Chappell Roan.

Après les images viennent les textures et les matériaux que Léanne accroche à sa planche d’inspiration. Certains tissus sont plus faciles à travailler, comme le denim et le satin, et d’autres plus difficiles, comme l’organza. À partir de ses tissus, elle choisit ensuite sa gamme de couleurs qui comprend du rose, de l’orange, du bleu et du jaune. « C’est une fille qui est colorée », explique Céline Chicoine, chargée de cours à l’ESM, qui enseigne à l’étudiante dans le cours du projet de fin d’études. « Elle ne craint pas les opinions des autres, elle s’affirme dans ses créations. »

Dans sa collection il est possible de voir des vêtements tendance de tous les jours, tels que des pantalons larges, des corsets, des jupes en jeans, des robes d’été. « Ces créations sont accessibles, tout en ayant quelque chose d’intéressant, explique Benjamin, un ami et collègue de classe à Léanne. Elle y met de sa personnalité. Léanne possède une capacité à mettre des détails tirés d’inspirations sans toutefois les copier. » Par exemple, il est possible de voir des oeillets en forme de fleur sur certains de ses vêtements, un détail qui sort effectivement de l’ordinaire.

Léanne a fait en sorte que sa collection soit coordonnée, c’est-à-dire que chaque morceau peut être mélangé et combiné avec les autres. « Je trouve que sa collection est pétillante et très brillante. C’est Léanne », s’exclame Céline.

Croquis, cinéma, mode
Jeune, Léanne dessinait des vêtements dans des cahiers prévus à cet effet. Elle a appris à coudre vers l’âge de cinq ans grâce à sa grand-mère. La mode l’interpellait déjà. Pourtant, quand est venu le temps de faire un choix d’études supérieures, elle s’est inscrite dans le programme de cinéma. « Pas triper du tout, s’exclame-t-elle. Chaque fois qu’ils parlaient des métiers, je me voyais juste aller dans le costume. J’étais comme : bin, voyons, qu’est-ce que je fais ici ? » Ces arrières pensés lui ont confirmé qu’elle n’était pas à la bonne place. C’est à ce moment que Léanne s’est inscrite au Cégep Marie-Victorin, là où elle a rencontré Benjamin, dans le programme de design de mode afin d’obtenir un diplôme d’études collégiales (DEC).

Elle avait le sentiment qu’il lui manquait un certain bagage dû à l’arrivée de la Covid-19 pendant ses années au cégep. C’est pourquoi elle a décidé de poursuivre ses études à l’université au baccalauréat en gestion et design de mode à l’École supérieure de mode. Pensant que c’était une poursuite de son DEC, elle a été surprise lorsqu’elle a dû réapprendre la base pour reconstruire ses compétences en partant de zéro. « J’ai complètement modifié ma façon de penser, se souvient-elle. Au lieu de penser technique en premier, je pensais créatif. »

En s’inscrivant à l’université, l’étudiante avait déjà comme but de devenir un jour professeure. « J’enseignais la couture aux enfants chez Club Tissu et c’est là que j’ai découvert ma passion pour l’enseignement », partage-t-elle. Un de ses rêves serait toutefois de travailler pour le Cirque du Soleil afin de déployer ses compétences créatives et techniques. En attendant, Léanne attend avec enthousiasme le début de son stage d’un an chez Logistik Unicorp, une entreprise canadienne spécialisée dans la gestion de programmes d’uniformes qui fournit des vêtements fonctionnels. Elle a gagné cette opportunité en même temps que sa bourse d’excellence en vêtement et design technique lors du gala Mmode.

Durant ses études supérieures, Léanne Malenfant a repoussé ses limites et a développé une signature artistique éclatée et colorée, à l’image de son fameux chapeau de cowboy pailleté. « C’est le parcours au complet qui m’a rendu la personne que je suis aujourd’hui », dit Léanne. Elle sort de ce programme en tant qu’étudiante et designer accomplie. « Quand une étudiante est rendue à ce point-là, je me dis qu’on a réussi ce qu’on a voulu faire. », dit Céline Chicoine.