école supérieure de mode

Projet de fin d'études / 2021

Doll/Inception

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Mannequin : Salma K.

Je ferme les yeux et je plonge quinze ans en arrière ; l’environnement visuel qui héberge mon enfance ingénue se dévoile. La théorie psychanalytique me révèle que cette collection d’images accumulées serait à la source de ma définition esthétique, de ma conception du beau.

Quand j’ouvre les yeux, je suis simultanément dans deux espaces aux échelles incompatibles. Au premier plan, ma maison de poupées, ambiance rose dans laquelle existe cette iconique Bratz, à la fois provocante et distinguée, sensuelle et mécanique, incomparable représentante de l’esthétique Y2K. En transparence, la maison de mes grands-parents, chaleureuse, emplie d’amour et de visions réconfortantes. Courtepointe de textures hétéroclites, assemblage de tapis, papiers peints, bois variés et visages aimants. Souvenirs des leçons avec ma grand-mère la couturière et mon grand-père l’ébéniste. C’est donc une dichotomie qui s’impose. Mais ce contraste entre le fait main avec amour et une esthétique plastique me semble d’une évidence déstabilisante.

Doll/Inception, c’est donc la conclusion d’une auto-psychanalyse à la recherche de la source définissant le beau. C’est l’expression de cette alliance inopinée entre superficialité de la poupée et finesse de l’artisanat familial. De ces deux notions, la première s’observe de manière frontale par une silhouette structurée et féminine, tapissée des codes et tendances des années 2000. La seconde s’exprime par une composition d’éléments formels incongrus, proposant un motif global à l’allure maximaliste.

Inception, d’après le film du même nom, désigne le fait de semer dans le subconscient le germe d’une idée, trompant l’esprit en le persuadant qu’il est lui-même à sa source. Ainsi, la poupée joue ici le rôle de vecteur d’un code esthétique, dans l’inconscient d’une petite fille avide d’images et d’inspiration.